05 mai 1917

Et cependant, avons-nous le droit de nous plaindre, ici ? Non, certes.

Depuis le début du mois de mars 1917, Émile a rejoint l'École Spéciale militaire de Saint-Cyr où il suit une formation d'officier aspirant.


5 mai 1917

Chers aimés,

Une semaine étouffante ! Ces premières châleurs dépriment ! Et là-bas ? J'ai reçu le mandat de maman, et j'attends une lettre bientôt. Avez-vous d'autres nouvelles de Pierre ? Je reviens de la gymnastique, fatigué, vanné, et mon esprit s'en ressent. Et cependant, avons-nous le droit de nous plaindre, ici ? Non, certes.
Cette semaine, j'ai appris une mauvaise nouvelle : un de mes bons amis du 133e a été tué du côté de Reims : j'ai le noir depuis. C'est bizarre, je vois la bataille plus triste et plus sanglante d'ici que dans la réalité. Dans la Somme, je ne songeais presque pas à l'horreur de ces tueries, même quand je voyais tomber des camarades à mes côtés ! Mais d'ici, ça me poursuit avec intensité.
Allons, chassons toutes ces vilaines images, et songeons à la bonne journée de demain passée à la capitale, dans la vie intense d'une foule qui, elle, ne pense pas assez à ceux de Craonne et d'ailleurs !

Je vous embrasse tendrement, Émile.

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  Écouter la lettre du 05 mai 1917

Le Musée Massey à Tarbes

Les trois documents présentés proviennent du Musée Massey de Tarbes auquel la famille d'Émile Moureu en avait fait don.

Le Musée Massey est le premier musée au monde à présenter une collection retraçant l’histoire des Hussards.
Ce corps d’armée de cavalerie légère, qui puise ses origines en Hongrie, a contribué au renom de la ville de Tarbes.

Site internet du Musée Massey de Tarbes

 

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